Le Ministère de l’Intérieur a publié en ce début de mois de juillet le bilan 2010 du permis à points. On peut lire dans ce document que le bilan de l’année 2010 pour les conducteurs que nous sommes n’est pas des plus fameux par rapport à l’année 2009 : le nombre d’infractions à la circulation routière génératrices de retrait de points a augmenté de 5,9% (6.275.387 infractions relevées) et le nombre de points retiré de nos chers papiers roses a cru de 9,3%. C’est ainsi le chiffre impressionnant de 10.139.522 points qui ont été retirés des permis de conduire des français en 2010.

Ainsi, après quelques années d’efforts louables, les français serait-ils redevenus moins sages sur les routes ?

A l’examen des chiffres il s’avère que la majorité des retraits de points (69%) intervient à la suite d’excès de vitesse inférieurs à 20 km/h (44,3% hors agglomération et 24,7% en agglomération). Les excès de vitesse de 20 à 30 km/h et de 30 à 40 km/h représentent respectivement 7,7% et 2,2% du total des infractions ayant entrainé des retraits de points.

Les infractions de conduite en état d’alcoolémie, contraventions et délits confondus, représentent 2,5% du total des infractions relevées. Ce qui est frappant c’est l’augmentation de plus de 24% de la contravention de conduite sous un empire alcoolique et l’augmentation de plus de 10% du délit de conduite sous un empire alcoolique. On peut toutefois se demander si la hausse relevée provient d’une augmentation de la consommation d’alcool  préalablement à la conduite ou bien d’une augmentation des contrôles d’alcoolémie.

Autre augmentation notable : l’infraction d’inobservation d’un feu rouge fixe ou clignotant à augmenté de plus de 77% entre 2009 et 2010 (cette infraction représente 3,3% du total des infractions ayant entrainé un retrait de points). Le rapport souligne ici que cette augmentation est due à la mise en service d’un grand nombre de « radars de feu » en 2010.

On remarque également que les « petites infractions » entrainant la perte d’un seul point constituent 69,12% du total des sanctions. Pour mémoire, entraînent la perte d’un point sur le permis de conduire les infractions d’excès de vitesse inférieur à 20 km/h et de chevauchement d’une ligne continue.

Il est à noter qu’entre 1993, année suivant l’instauration du permis à points et 2010, le nombre de tués sur les routes est passé de 9.677 à 3.994 (Rappelons au passage qu’il y a également en France près de 4.200 décès par an dus à des infections nosocomiales).
Il est aussi intéressant de constater qu’entre 1990 et 2011, le parc automobile français, tous véhicules confondus, est passé de 27.758.000 à 37.744.000 (au 1er janvier – source Comité des Constructeurs Français d’Automobiles).
Aussi, compte tenu de l’augmentation du parc automobile en près de vingt années, le chiffre des tués sur la route, bien qu’important, peut être relativisé. En outre, la culpabilisation de l’automobiliste français par les autorités sonne comme un prétexte à la mise en œuvre d’un nombre plus important encore de mesure répressives et surtout lucratives pour l’Etat. Il n’est pas ici question de négliger la mortalité routière et toute mesure intelligente permettant de la diminuer doit être étudiée. Mais pourquoi ne pas favoriser davantage encore la formation des conducteurs, renforcer autant que possible la prévention des comportements dangereux, améliorer encore la sécurité des véhicules et neutraliser les zones accidentogènes par des travaux de voiries dignes de ce nom ?